Maurice Raphaël un personnage! for goodness’sake!

Nous avons souhaité parler davantage de Maurice Raphaël dont le dernier livre est disponible à la librairie du musée (rubrique « boutique ») et bien sûr dans le fonds documentaire.

Et pour celà Serge Malcor (plongeur, archéologue, subtil écrivain, président fondateur du Jonquet Kayak Club de La Seyne) a bien voulu raconter la vie d’un personnage attachant, un chercheur infatiguable, un poëte:

« Emile Maurice RAPHAEL, dit MomoNé le 1ermai 1940 à Paris, Émile fut recueilli par l’Assistance publique puis vers l’âge de quatorze ans décida de s’engager dans la marine marchande. Il réalisa ainsi de nombreux voyages dans la plupart des grands ports d’Asie et d’Afrique. Après son service militaire, dans la marine, à Toulon, il réussit à intégrer le personnel de l’arsenal par la petite porte.

Dans un premier temps il effectua des travaux subalternes aux bassins avant de devenir scaphandrier (pieds lourds) dans ces mêmes bassins. Il sauta sur l’occasion quand se présenta à lui l’opportunité de suivre une formation de plongeur démineur pour la pyrotechnie. C’est ainsi qu’il fut embarqué sur la Vive (la vedette des plongeurs de la Pyrotechnie qui avec le Mérou officiait en Méditerranée). Entre temps il s’était marié avec Fortunée (Néné) Di Tomaso qui lui fit trois enfants : Serge, Magali et Philippe.

En 1975, il fait la connaissance des plongeurs du JKC (Jonquet Kayak Club) et entame son initiation à l’archéologie sous-marine. Rapidement passionné par le banc de dragage du port de Toulon qui au large du cap Cepet réceptionna des milliers de tonnes de vase et de vestiges du passé, il y commence une récolte de pipes en terre (improprement nommées pipes de bagnards).

Parallèlement, avec les autres membres du JKC, il débute une formation archéologique auprès de François Carrazé afin de pouvoir dater plus précisément les diverses trouvailles remontées au cours des prospections réalisées par le club dans les années 80, alors qu’une perfide arthrose le pousse inéluctablement vers une retraite anticipée, il travaille sur des chantiers de fouilles sous marines à Pomègues (Michel Goury), à Villefranche (Max Guéroult) tout en écumant les bibliothèques et les archives navales.

Maurice Raphaël lors d'un stage de formation de plongeurs aux techniques de fouilles. Stage organisé et conduit par François Carrazé. C'est en 1977 à Gillières. A la fin du stage Maurice Raphaël participa aux fouilles de l'épave romaine dite "du Langoustier".

Maurice Raphaël lors d’un stage de formation de plongeurs aux techniques de fouilles. Stage organisé et conduit par François Carrazé. C’est en 1977 à Gillières. A la fin du stage Maurice Raphaël participa aux fouilles de l’épave romaine dite « du Langoustier ». Photo transmise par François Carrazé.

En 1984, il obtient une autorisation de fouille sur une épave située en baie de Cavalas, par 42/43m et avec l’aide du Jonquet Kayak Club l’étudie durant cinq ans. Il servira également de suppléant aux travaux de Serge Malcor puis d’André Farrugia sur l’épave des médailles, au large du Grand Rouveau (Le Brusc) par 34/36m. Ce personnage haut en couleur, écrivain et poète à ses heures, passionné par les pipes en terre était aussi une figure de l’archéologie sous marine fédérale en méditerranée.

l était titulaire du brevet fédéral d’initiateur en archéologie subaquatique et obtint la médaille d’or de la FFESSM pour l’organisation de nombreux stages en archéologie et le montage de plusieurs expositions. Certes, la pédagogie n’était pas son fortet ses éclats de voix étaient là pour nous le rappeler mais tel était le personnage et quand on avait la chance de le connaître depuis longtemps on s’apercevait que tout cela n’était qu’une façade derrière laquelle se cachait un cœur gros comme ça.

Parallèlement à ces activités, il peaufina ses connaissances sur les pipes en terre au point d’acquérir un savoir sur ce sujet qui l’amena à se déplacer aussi bien en France qu’en Belgique, Pays Bas et même à Saint Pierre & Miquelon pour des recherches ou des conférences. Il se constitua une impressionnante collection de pipes en terre qui fut très souvent appréciée dans les expositions internationales. Il édita à ce propos deux ouvrages qui firent date sur la fabrication des pipes en terre en Europe, les divers modèles répertoriés dans chaque fabrique et enfin les fabriques de pipes de la région marseillaise: « La pipes en terre, son périple à travers la France » (1991) « La pipe en terre à Marseille»(2003).  voir notre rubrique Boutique du musée.

REVUE OCEANS N°79 DE SEPTEMBRE 1979

« LES PIPES DU SILENCE » Article signé Michel Goury et Maurice  Raphaël.    OCEANS N°79 de SEPT 1979.  Fonds documentaire du musée Frédéric-Dumas. Don Patrick Ponot.

SUITE DE L'ARTICLE

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SUITE DE L'ARTICLE (2)

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FIN DE L'ARTICLE

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"Les pipes du silence". Encadré.

« Les pipes du silence ». Encadré.

biographie suite et fin:    Après la dissolution du JKC en 1997, Momo s’orienta vers le club Apnéa où il créera une section d’archéologie sous marine. Il continua d’animer des sessions de formation d’archéologues sous–‐marins et de réaliser des stages in situ pour permettre aux futurs promus d’évoluer dans les conditions d’une vraie fouille.

Il disparut brutalement le 15 juillet 2007, victime d’une crise cardiaque, à La Verne (baie des Sablettes), par moins de 50 centimètres d’eau, alors qu’il se préparait à effectuer le baptême de plongée de sa petite fille. Ses camarades et amis lui ont rendu un dernier hommage par la voix de Serge Malcor, président fondateur du Jonquet Kayak Club :

« Ciao Momo ! C’était certainement la seule éventualité pour tirer un trait sur notre amitié. Une trentaine d’années semée de plongées, de fouilles, de trouvailles et d’une myriade de bons moments connaît désormais son tragique épilogue. À chacun de nous tu as laissé l’empreinte de ton caractère et nous avons subi la nouvelle de ton départ comme une amputation. Malgré tes jugements parfois sans retour, chacun de nous conservera de toi l’image de ta pugnacité et de la volonté dont tu faisais preuve envers et contre tout. En cette période de trouble où chacun de nous voit une foule de souvenirs se bousculer dans sa tête, faisons une place particulière à Néné, ton épouse, ainsi qu’à Magali et Philippe, tes enfants*. Qu’ils sachent que tous les membres de notre vieux club d’amis seront toujours à leurs côtés. »

*Son fils ainé, Serge, avait trouvé la mort quelques années auparavant dans un accident de la route.

Malgré son caractère emporté, il laisse à tous ceux qui l’ont côtoyé le souvenir d’un homme avide de connaissance, et de reconnaissance, dont les violents coups de gueule devenaient une sorte d’estampille de ses opinions ou de son humeur.

Les principales fouilles archéologiques où a sévi « Momo » :

Pourcieux sous la direction de François Carrazé

La Courtine, Taradeau, le château d’Ollioules avec Henri Ribot

La zone de mouillage de Pomègue avec Michel Goury

La Lomellina, baie de Villefranche avec Max Guérout

L’épave « des médailles » (Il Jasone) avec Serge Malcor puis André Farrugia

La « tartane de Cavalas » dont il fut le responsable.

Texte écrit pour le musée Frédéric-Dumas par Serge Malcor, juin 2013.

OCEANS N°79 SEPTEMBRE 1979

OCEANS N°79 SEPTEMBRE 1979

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